lundi 30 avril 2007

samedi 28 avril 2007

D comme ... Développement : les acteurs

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Première impression : Accra est une ville qui bouge, qui se développe à toute vitesse. Une réelle dynamique ascendante. Pas aussi forte que la Chine naturellement, mais cela me semble néanmoins tout à fait remarquable, comparé aux autres pays en développement que j’ai pu visiter, l’Arménie, dans une spirale descendante, ou encore, les petits villages du Burkina, immuables dans leur grande pauvreté – je n’ai pas encore eu l’occasion de rester suffisamment longtemps dans des petits villages ghanéens pour me forger une opinion quant à leur niveau et potentiel de développement.

Une poussée de développement puissante, donc, avec, également, une formidable montée des inégalités, comme c’est parfois le cas lorsque le processus de développement est si peu encadré…

Qui sont les acteurs de ce développement ? Comme je l’ai déjà dit précédemment, le Ghana, c’est une minorité de très riches Ghanéens et expatriés, généralement embauchés dans des multinationales, et une très large majorité de très pauvres. Entre ces deux extrêmes, une toute petite classe intermédiaire, principalement composée d’étrangers, une petite classe d’entrepreneurs togolais, ivoiriens, libanais, indiens, chinois. Une classe d’entrepreneurs, qui a toute sa place, dans un pays où le sens du management, la capacité à gérer un projet ou une équipe, à anticiper les évolutions d’un problème donné, à être autonome face à une idée nouvelles, font défaut. Des entrepreneurs qui mettent en place toutes sortes de petits commerces, gèrent une équipe de deux, trois, quatre personnes – compte tenu des coûts du travail, dérisoires (certains Ghanéens sont payés moins de 40 centimes la journée), les entreprises sont très vite rentables.

A cette occasion, je remarquerai deux points : tout d’abord, sont clairement privilégiés les liens commerciaux avec la Chine ou l’Inde, beaucoup plus qu’avec les Etats-Unis ou l’Europe, deux entités qui reculent également en terme de prestige – quoique les Etats-Unis, les rappeurs américains entourés de minettes et couverts de chaînes, continuent de fasciner…
Par ailleurs, il me semble que ce sont les petits entrepreneurs qui développent, renforcent, multiplient, le tissu industriel du pays, beaucoup plus que les multinationales, qui rapatrient une très large partie des bénéfices, et surtout, n’embauchent qu’un nombre finalement limité de Ghanéens, et proposent des produits généralement trop onéreux pour lancer une consommation de masse. A l’inverse, notons que l’implantation des capitaux étrangers, favorisée par la politique de Rawlings dans les années 90, a permis de favoriser des transferts non négligeables, en termes de technologies, de méthodes de travail – et ce n’est pas inutile ici – etc.

Je reviendrai sur le rôle de l’Etat dans le développement par la suite.
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C comme ... Cape Coast, la ville, le port, le fort

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Cape Coast, l’une des principales villes du Ghana, probablement la cinquième, après Accra et Kumasi, Sekondi-Takoradi, Tamale peut-être. Et déjà, une ville minuscule, si différente, dans son ambiance, dans son architecture, dans son tissu urbain, de la capitale…

Une petite ville de la côte, avec son port, son fort.
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Cape Coast, le fort, la ville, le port. Nadege.
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mercredi 25 avril 2007

M comme ... Makola, le marché miraculeux

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Un quartier d’Accra, dédale de rues, ruelles, venelles, passages … Labyrinthe tout entier dédié au marché, envahi de boutiques, de stands, de vendeurs ambulants en tout genre. Se côtoient alors, du tissu, des chaussures, des vêtements fabriqués en Inde ou en Chine, des ragondins écartelés et séchés, des soutiens-gorge, des pieds de porc rose fluo, des téléphones portables, des éponges, des stylos, des bijoux en or, du produit à vaisselle, des taxis, des trotros, le tout dans une marée humaine, déferlante, incessante, ponctuée de cris, d’appels, d’invectives en tout genre, d’odeurs épouvantables, …
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Makola Market, Nicolas.
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mardi 24 avril 2007

M comme ... Mole National Park

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Tamale, seule ville du Nord du Ghana, quatrième ville du Ghana peut-être, en terme de nombre d’habitants, à des dizaines d’heures de route d’Accra : on préfèrera s’y rendre en avion, minuscule engin d’une quinzaine de places et d’un âge avancé. Nous quittons Tamale, en début d’après-midi, en direction de Mole, le principal parc national du Ghana. Après une heure de route, nous nous engageons sur une piste, très abîmée, et qui n’en finit pas. Le climat est, d’abord, très sec, les villages traversés rappellent presque ceux du Nord du Burkina Faso. Au bord des routes, des femmes font brûler du bois : la fabrication du charbon semble faire vivre la région. Au fil des heures, la sécheresse s’amenuise, l’eau fait son apparition, des marigots au bord des routes, les paysages se teignent en vert. Puis, nous traversons Mole, le village, et moins d’une demi heure après, nous pénétrons dans le parc. Le petit hôtel, en haut de la colline. Enfin. Moulus par la piste.

Et là, une vue magnifique. A couper le souffle, pour reprendre, mais littéralement cette fois, une expression peut-être galvaudée. La réserve s’étend, à nos pieds, verdoyante, un soleil couchant, au loin, dans les trous d’eau, les troupeaux d’éléphants. Un paysage mouvant, vivant, majestueux, grandiose. Sublime. Les mots ne décrivent rien. Les photographies même ne montrent rien. Des larmes.

Enfin, alors même que l’on est, comme je le pense, trop jeune pour embrasser, dans son ensemble, la radicalité désespérée de cette œuvre, l’on comprend, presque, en un regard, en un souffle, Les Racines du Ciel.
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dimanche 22 avril 2007

O comme … O’Browni

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Dieu a fait les O’Bibini, les Noirs, et les O’Browni, les Blancs, m’a dit un jour un chauffeur de taxi twi. (Et les autres ?)

O’Browni, le surnom dont se voit affublé tout Blanc au Ghana. Par les chauffeurs de taxi, qui vous hèlent et vous klaxonnent à chaque mètre (les Blancs sont riches et faibles, ils ne peuvent marcher au soleil) ; par les enfants, qui vous suivent en courant, parfois dans l’espoir d’être photographié (à ce propos, mon appareil photo, vieil appareil argentique ramené d’Arménie, suscite toujours une grande déception : on ne peut voir ensuite la photo prise…), parfois pour vous demander de l’argent ; par les passants même, qui remarquent seulement, « O’Browni », lorsqu’ils vous croisent, comme s’ils le disaient, juste pour eux…
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Cet état de fait est très pesant au début : on est systématiquement montré du doigt, même si le doigt n’est ni colérique, ni indigné. On est un Blanc, on nous le rappelle à chaque pas. Puis, comme pour tout, on s’habitue…

L’image du Blanc au Ghana… Bien sûr, comme je l’ai dit précédemment, le Blanc est riche et faible. Riche surtout, donc souvent sollicité, pour acheter, donner, etc. Riche, donc les prix qu’on lui propose sont systématiquement multipliés. Mais il n’y a pas, ou, du moins, je n’ai pas ressenti, de rancœur liée à l’esclavage, à une potentielle exploitation, un potentiel pillage, de l’Afrique par les Blancs. Plus, une franche indifférence : le seul avantage notoire des Blancs, c’est qu’a priori, ils ont de l’argent. Mais un Blanc, seul, en particulier jeune, pourra presque toujours négocier, pour rétablir de vrais prix. A l’inverse, un groupe de trois ou quatre Blancs, plus âgés, ne le pourra presque jamais.
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Photos d'enfants à Cape Coast. Benoît.
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